Macky Sall sur la grande muraille verte : 175 km de reboisement déjà réalisés au Sénégal














La journée africaine à la Cop21 a été marquée par la rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement présidée par le président français, François Hollande.  Des promesses fermes de financement ont été annoncées. Une occasion, pour le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, qui y a pris part, d’exposer les efforts faits par notre pays dans la lutte contre le changement climatique, notamment dans la réalisation de la Grande muraille verte.
Le président Macky Sall a soutenu que la Grande muraille verte (Gmv) est une réponse au changement climatique. Ce programme qui réunit 11 pays allant de Dakar à Djibouti sur plus de 7.000 km de long et 15 km de large constitue un grand puits de carbone et un moyen important de lutte contre la pauvreté dans les pays Sahélo-Sahariens. 
Le chef de l’Etat Macky Sall a souligné que le Sénégal a déjà réalisé 175 km de reboisement sur 503 sur le tracé national, notant que la Gmv est « l’une des actions phares de résilience des écosystèmes et des communautés ».
Lors de cette rencontre, les pays présents se sont accordés à mettre plus de ressources financières. Le Tchad a plaidé pour plus de ressources afin de freiner le fléau qui guette le lac Tchad. « Si l’on ne fait rien, le lac va complètement disparaître », a dit le représentant de ce pays. A ce niveau, le Tchad a été supporté par le Sénégal et le Mali qui a également plaidé pour la sauvegarde du fleuve Niger qui subit les effets du climat avec des incidents sur la vie des populations riveraines. 
Ibrahima B. Keïta compte sur le leadership du président Macky Sall pour porter le plaidoyer. « Mon jeune frère et neveu le fait très bien, je lui fais confiance. Il le fait pour le Sénégal, pour le Mali et pour le reste de l’Afrique », a affirmé IBK.
Le Maroc et le Sénégal en direction de la Cop22
Le ministre de l’Environnement a rencontré son homologue du Maroc, Mme Hakima El Haite. Cette dernière a remercié le Sénégal pour son soutien important. « La présidence du Maroc pour l’année prochaine a été possible grâce au Sénégal », a-t- elle dit. Non sans se féliciter de cet accompagnement « indéfectible » du Sénégal et a proposé une feuille de route pour les deux pays pour une réussite de la Cop22. Mme Hakima note : que « les experts sénégalais sont invités à fréquenter le centre de renforcement de capacités qui est aujourd’hui opérationnel ». 
Elle a ajouté : « le Roi a donné un signal fort. Nous devons travailler pour inclure l’approche genre comme une des priorités, car 40% des femmes sont vulnérables au climat, je vous invite à porter le plaidoyer ».
Le ministre de l’Environnement et du Développement durable du Sénégal a rappelé que l’approche genre est non seulement inscrite dans les recommandations de la Conférence nationale sur le développement durable (Cndd), mais également dans les résultats de la conférence préparatoire de la Cedeao pour Paris 2015. « C’est là une préoccupation de la sous-région et particulièrement du Sénégal », a dit Abdoulaye Baldé qui a rappelé les priorités du Sénégal qui sont l’érosion côtière et l’énergie. 
Le ministre a également participé au panel sur les solutions aux négociations climatiques organisé par ClimDev Africa avec ses homologues du Bénin, de la Gambie, entre autres délégués africains. Il a plaidé pour une rupture totale dans la coupe abusive de bois, non sans rappeler que l’Afrique a son destin en main. Le Sénégal, par la voix de son ministre, soutient la position de la Cedeao et  du groupe africain. Car, « même si l’Afrique cessait de faire fonctionner  ses usines, cela n’impacterait pas sur l’élévation des gaz à effet de serre », a-t-il fait remarquer. Une manière de confirmer que l’Afrique n’est en rien responsable du réchauffement accéléré de la planète.  Abondant dans le même sens, le secrétaire exécutif  qui déclare que « l’Afrique ne va plus rester à la traine », estime que nous pouvons nous industrialiser de manière verte. « Nous sommes venus en retard mais nous pouvons nous en sortir », a-t-il assuré tout en suggérant une transition vers les énergies renouvelables comme seule alternative.
CONSEQUENCES DE LA DEGRADATION DES ECOSYSTEMES : La crise écologique, une nouvellemenace sur des emplois 
La crise écologique pèse sur  des emplois. La fluctuation des prix des matières premières oblige des entreprises à se séparer de certains travailleurs, à défaut de leur proposer des postes moins rémunérateurs. Les experts ont établi hier la corrélation entre la crise écologique et la crise de l’emploi. 
L’économie verte est un réservoir d’emplois. Le directeur du département de recherches du Bureau de l’organisation internationale du travail (Bit), Raymond Tores a défendu cette idée lors d’une conférence axée sur les interrelations entre la crise écologique et la crise de l’emploi. L’économie verte affirme-t-il, offre des opportunités de création d’emplois durables. Contrairement à une économique consommatrice des ressources naturelles et dépendante des énergies fossiles. « Les politiques qui doivent conduire à régler la crise écologiques nous mènera également à la création des emplois dans l’agriculture, l’élevage et dans d’autres secteurs de la vie active », soutient le directeur de recherches du Bit. Toutefois, il a aussi établi une corrélation entre la crise écologique et la crise de l’emploi. 
En effet La dégradation des écosystèmes a des répercussions sur les emplois. L’un des exemples les plus illustratifs, c’est la rareté des ressources halieutiques qui entraîne à son tour un  ralentissement des activités dans les unités de conservation ou de transformation des poissons. C’est un exemple parmi tant d’autres. 
« La crise écologique a des répercussions sur la crise de l’emploi. Les entreprises sont dans l’instabilité avec la fluctuation des matières premières. Cet environnement met des entreprises dans des situations d’offrir des emplois précaires », analyse Raymond Tores du département de la recherche du Bit. Il a présenté une communication sur le rapport crise écologique et crise de l’emploi. 
Les activités industrielles étant fortement corrélées à la disponibilité des matières premières. Par conséquent, la rareté de ces matières ou l’augmentation de leur prix ont des conséquences sur les activités économiques. « Si la crise écologique persiste, des pays insulaires risquent de disparaître.  Aujourd’hui il  y a au moins de 40 millions de diplômés qui arrivent chaque année sur le marché du travail, cela va poser sur leur adhésion au contrat social », analyse Raymond Tores du Bit.  
Dans sa communication, il a évoqué la concentration des richesses issues des mannes pétrolières ou  gazières dans les mains d’une minorité au détriment de la majorité. Les pays qui ont une économie fondée sur les énergies fossiles ne favorisent pas le partage équitable des ressources financières. « Les richesses sont inégalement réparties dans les pays riches en énergies fossiles. Les inégalités se creusent dans ces économies », constate Raymond Torres. Au demeurant la crise écologique est une menace sur les emplois. Mais elle peut être aussi une opportunité si les pays s’engagent dans l’économie verte. 
CONSTRUCTIONS BIO-CLIMATIQUES  : Bientôt la phase d’investissement 
Le Sénégal exploite les opportunités de réduction de ses émissions à gaz à effet de serre en s’engageant dans des constructions écologiques. Le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdoulaye Bibi Baldé a levé hier le voile sur les réformes et les projets en cours au Sénégal. 
Le Sénégal mesure l’apport de réduction des émissions en s’engagement dans les constructions écologiques. L’intérêt écologique de ces constructions n’est plus à démontrer pour les autorités du ministère de l’Environnement et du Développement durable. « Nous pensons légitimement que le Sénégal n’est plus à la phase de démonstration dans ce domaine. 
Nous souhaiterions passer à la phase d’investissement dans la construction locale et durable », a annoncé hier, le ministre de l’Environnement et du Développement lors d’un panel sur « Green Build ». Le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdoulaye Bibi Baldé a dressé la liste des réformes en cours et des projets devant concourir à intégrer des technologies à faible émission dans les constructions.   Il s’agit du Programme  national de réduction des émissions de gaz à effet de serre à travers l’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment, le Projet de transfert de technologie de production de matériaux d’isolation thermique à bas de typha, le Programme de valorisation du concept de voûte nubienne en cours d’instruction. « Ces projets visent la promotion de bâtiments bioclimatiques permettront par leur caractère démonstratif de lever les barrières institutionnelles et réglementaires pour l’intégration de l’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment et apporter les réformes nécessaires », a dévoilé le ministre de l’Environnement et du Développement durable.  Le Sénégal  comme d’autres pays peuvent accomplir plus de progrès en termes de satisfaction de demande en logements en promouvant des habitations bio-climatiques moins coûteuses. Nos décideurs, reconnaît le ministre, Abdoulaye Bibi Bladé, sont conscients que le défi du développement des infrastructures immobilières devra désormais se conjuguer avec la résilience aux changements climatiques. 
Le Sénégal envisage de travailler avec l’Alliance mondiale pour le bâtiment et la construction dans une perspective de capitaliser son savoir-faire et aussi pour la mobilisation des acteurs. « Nous comptons aussi et surtout sur cette initiative pour nous aider à mobiliser les financements et les technologies à la hauteur du défi afin de nous permettre la généralisation de la construction viable et durable », a rapporté le ministre de l’Environnement et du Développement durable.  
Tout compte fait, les besoins sont encore énormes dans le secteur du bâtiment dans beaucoup de pays d’Afrique. Selon le ministre, Abdoulaye Bibi Baldé, des pays africains sont confrontés au phénomène de croissance urbaine accélérée se traduisant par des besoins urgents en biens et services alors que le secteur du bâtiment n’est pas jusqu’ici en mesure de proposer des solutions durables. « Nos villes  qui sont sur de faibles superficies consomment beaucoup d’énergies et leurs émissions de gaz à effet de serre croissent et proviennent essentiellement du secteur du bâtiment ( 49%) », a souligné le ministre.
De nos envoyés spéciaux à Paris Babacar Bachir SANE et Idrissa Sane
Source : http://www.lesoleil.sn/index.php?option=com_content&view=article&id=45334:macky-sall-sur-la-grande-muraille-verte-175-km-de-reboisement-deja-realises-au-senegal&catid=78:a-la-une&Itemid=255

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